On en reviens toujours pas: C’est la première fois qu’on déclare forfait contre le camping. On en a vécu des trips. Des l’fun pi des moins l’fun. Comme dirait nos vieux: ce n'était pas notre premier bbq. On est passé par l’Islande en automne, les grands lacs au printemps, l’Ouest Canadien, la Gaspésie, Joutel… Mais la rivière Kanasuta nous a vaincus.

C’était une de ces journées chaudes d’été, tsé celles que tu te lèves assez tôt, au son des oiseaux, pis que tu te fais un bon petit café de camping en écoutant les vagues se briser sur la plage. On était fébrile parce que ça faisait des semaines qu’on préparait notre aventure: On avait même fait un scénario détaillé avec chaque scène prévue. Le but, c’était de faire une vidéo de review de produits, un peu comme celles qu’on voit chez Mec. On était ben confiante de notre projet, surtout qu’on avait hâte de vous faire découvrir tout le beau stock de plein-air qu’on a en boutique. On avait préalablement pacté la van pour être vraiment très prête à entamer notre périple.  Pis pour se mettre encore plus dans l’ambiance, on est allé, bien évidemment, faire du camping la veille. 

Mais c’est bizarre, parce que, cette journée là, dès notre départ, y’avait de quoi dans l’air de pas ordinaire.

Premièrement, on a fait 2 heures de char pour trouver un spot. Au travers des chemins de coupe forestière pis des gros (très gros) nids de poule, on s’est retrouvé loin pas mal. Ben ben creux dans les bois derrière Rapide-Danseur, à la limite de la frontière de l’Ontario, on ne sait pas trop on est où exactement, mais c’est correct, c’est ça l’but. On trouve un beau petit spot: une rivière pis un gros cap de roche. C'est là qu'on va s'installer!

Deuxièmement, les arbres. Sont quand même petits les arbres, ici. Sont pas fait pour installer des tentes TentSile, tentes qu'on avait VRAIMENT hâte de tester. C’était même le point majeur de notre vidéo. Pis ces arbres là supportaient même pas nos hamacs. Fait que juste là, notre scénario est un peu froissé. Mais ce n'est pas grave, on est créative, on va ajouter du contenu ailleurs. On revoit notre plan pis on s’installe autrement. 

Hamac Eno Vroom Camping Abitibi-Ouest

Les moustiques. Seigneur. Troisièmement, les moustiques. On vient de l’Abitibi, on les connaît les moustiques, on a appris à vivre avec. Mais dans ce milieu extrêmement sauvage et reculé, on devait sentir bon en titi pour les moustiques parce que y'a pas une partie de nos corps qui a été épargnée. Pas une. Pis ce, malgré les 2-3 couches épaisses de stuff qu’on s’est mis. Mais c’est pas grave, la tente est fermée, on va bien dormir, pis en attendant, on va s’allumer un feu. La boucane va les éloigner.

Le feu. Quatrième point qui fait que notre trip de camping se déroule pas comme prévu. Pis tsé, c’est pas comme si on en avait jamais allumé, des feux. Je pense qu’ensemble, on maintient une moyenne de 8 allumages par semaine! Je sais pas ce qui avait dans l’air cette journée là, mais tout était contre nous: le vent, la pluie, Dame Nature… On avait même prévu apporter des petites buches secs pour allumer ça comme il faut. J’avais fait affuter ma petite hache. On était prête comme on est habituellement prête. Plus, même. Mais cette journée là, la vie n’était pas de notre bord.

Finalement, la pluie. Le déluge. Le tsunamie. Les vagues meurtrières... Oh mon Dieu! Le temps s'est reviré sur un 10 cenne pis le feu qu'on a pris tant de temps à allumer s'est éteint. Notre souper: dans l'eau. Le stock : inondé. La bâche: partie au vent. La glaise pis la bouette: PARTOUT. C'est à ce moment précis qu'on s'est sérieusement demandé ce qu'on faisait là. 

Faut voir ça du bon côté : On a sûrement le time lapse le plus drôle de toute l’histoire de Vroom! Un beau mélange des émotions qu’on a vécues cette journée là: le beau temps, un bon repas de camping, la pluie, essayer de rallumer le feu, de la grosse pluie, du gros vent, pis finalement de l’abandon (noter ici qu'on vous a épargné l'épisode où on s'est pété la marboulette solide sur le sol vu l'état argileux de celui-ci). 

Ça fait qu'on est repartie pieds nus, remplie de bleus et de piqûres de bébittes. Nos vêtements étaient rendus gris, nos cheveux en broussaille et le chien tout détrempé. 

Mais malgré tout, on aime ça le camping. 

Audrey et Alexy

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